Posté: 14 janvier, 2019
‘Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes?;’ (Acte?2/17).
L’évêque Kisare était assis près du grand arbre où les premiers missionnaires mennonites avaient embarqué, il y a 70 ans.
J’ai demandé à ce cher frère «?Qu’est-ce qui s’est passé ici sur la colline de Katuru il y a des années???»
Lorsqu’il qu’il répondit, des larmes coulèrent sur ses joues «?Vous faites allusion au jour où le feu de Dieu est tombé sur la colline de Katuru, n’est-ce pas??».
«?Ce jour-là, Dieu m’a touché, et il a commencé son travail de transformation dans mon âme. C’est ce jour-là que j’ai reçu mon appel à être ministre de l’Évangile. C’est un jour que je n’oublierai jamais.
Jésus m’a touché et il m’a transformé. Les gens contournaient la colline de Katuru car la rumeur s’était répandue dans les villages : tous ceux qui s’approcheront seront brûlés, car le feu de Dieu brûle sur la colline de Katuru.?»
Des enfants évangélistes
C’était en 1942. Ce dimanche d’août, le feu de Dieu est tombé sur la nouvelle église mennonite de la colline de Katuru à Shirati.
L’assemblée locale a fait l’expérience du feu dévorant de Dieu?: toute la journée et pendant la nuit, les gens se repentaient en pleurant. Wilson Ogwada et Nikanor Dhaje, (12 ans) qui fréquentaient l’école primaire de Shirati, ont éprouvé une telle compassion pour ceux qui ne connaissaient pas Jésus qu’ils ont quitté l’école pour prêcher l’Évangile.
Ils sont devenus les premiers missionnaires mennonites africains itinérants. Ils ont persévéré bien qu’ils aient été battus au moins une fois. Ils ont prêché dans les régions frontalières entre le Kenya et la Tanzanie.
Une revivaliste qui a de bonnes jambes
Dans la providence de Dieu, Rebeka Kizinza, surnommée ‘Speedy’ (rapide) a ouvert sa maison à la frontière du Kenya aux évangélistes tanzaniens. Elle pouvait facilement faire vingt-quatre kilomètres par jour à pied pour servir le Seigneur. Sa rapidité lui a permis de tisser des liens entre les revivalistes kenyans et tanzaniens.
Le ministère du Saint-Esprit est mystérieux. ‘Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit.’ (Jn?3/8), a déclaré Jésus. C’est ce qui s’est passé dans ce mouvement de renouveau en Afrique de l’Est.
Un enseignant repentant
Ceux d’entre nous qui s’intéressent aux dates et aux lieux font probablement remonter le début du réveil à un professeur de lycée du Rwanda, Blasio Kigozi, qui a passé 12 jours dans la prière et le jeûne pour que le Saint-Esprit se répande sur les étudiants, le personnel et les enseignants.
Quand Blasio est sorti de sa chambre, c’était un homme transformé. D’abord, il a demandé pardon à sa femme, puis il a convoqué tous les professeurs et membres du personnel pour annoncer que le Seigneur lui avait révélé qu’il fallait se repentir. Toute l’école a été touchée. Les évêques anglicans de Kampala ont invité Blasio à les rencontrer?; ils furent aussi touchés par un profond désir de repentance. Six semaines plus tard, Blasio est tombé malade et est décédé. Mais son message a continué à se répandre à travers l’Afrique de l’Est.
Les fruits du réveil
Les mennonites ne furent pas oubliés par l’effusion puissante du Saint-Esprit.
Le réveil, c’était un peuple qui aimait Jésus et qui s’aimait les uns les autres. Dès le début, les responsables s’assurèrent que le réveil allait se poursuivre. Tous les pays d’Afrique de l’Est ont été touchés par le réveil de diverses manières, et il se poursuit encore aujourd’hui.
1. Le réveil est centré sur Jésus-Christ. Les réunions régulières sont centrées sur Jésus. Tout le monde savait que les revivalistes aimaient Jésus. Qu’ils se rassemblent par milliers ou seulement à quelques-uns, les revivalistes se rencontrent au nom de Jésus, et Jésus les rencontre.
2. La confession des péchés, la repentance et la vie à la lumière de Jésus sont essentielles. La confession des péchés et la célébration du sang purificateur de Jésus font partie de chaque rassemblement. 1?Jn?1/7 résume les engagements fondamentaux de la communauté de réveil?: ‘Mais si nous marchons dans la lumière comme lui-même est dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché’.
3. Les revivalistes exerçaient leur ministère avec ferveur. On parlait d’eux comme de personnes passionnées pour Jésus, les ‘Balokole’.
C’étaient des communautés joyeuses. Il s’y trouvait des personnes de beaucoup de tribus et de nations de toute l’Afrique de l’Est, ressemblant à l’image d’Acte?2/5–6?: ‘Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. À la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue.’
Ce mouvement a formé la communauté intertribale la plus authentique d’Afrique de l’Est. Son désir spirituel de relations intercommunautaires a été un élément clé dans les efforts pacifiques visant à résoudre les conflits politiques au Kenya. Il a également introduit le principe de recevoir et de donner des conseils.
Le réveil, facteur de réconciliation
De petites équipes de Balokole se sont rendues occasionnellement en Afrique du Sud pour demander une solution politique pacifique. Il est étonnant de voir que ce réveil qui a commencé avec des étudiants s’est développé jusqu’à œuvrer pour la réconciliation, et ce, même face aux défis les plus difficiles sur la voie de la paix.
Au fur et à mesure que grandissait la communauté, beaucoup en Occident, y compris aux États-Unis, ont été profondément touchés par la grâce du Christ proclamée par le Réveil. Dans les années 1930 et 1940, le légalisme des mennonites était destructeur?; les messages remplis de grâce des mennonites d’Afrique de l’Est donnaient la vie. Des groupes de revivalistes se sont répandus dans plusieurs communautés nord-américaines, apportant des encouragements et une nouvelle vie.
Le peuple de l’Agneau
Le mouvement de réveil d’Afrique de l’Est n’a pas voulu devenir une communauté confessionnelle. Ses membres sont restés dans les églises déjà établies. Mais cela ne signifie pas que les revivalistes n’avaient pas d’identité propre.
Dans la région de l’Afrique de l’Est en pleine tourmente politique, les Balokole ont été reconnus comme un peuple de paix. On les appelait le ‘Peuple de l’Agneau’, des personnes qui avaient donné leur vie pour Jésus.
Très tôt, au Kenya et en Ouganda, ainsi qu’au Burundi et au Rwanda, les conflits tribaux ou internationaux ont semé le trouble dans le mouvement. Les revivalistes ont refusé de participer à ces conflits violents. Des centaines de personnes sont mortes en témoignant que Jésus est l’Agneau de Dieu.
À plusieurs reprises dans l’histoire tumultueuse du Kenya après l’indépendance, les mennonites ont défendu avec fermeté le Peuple de l’Agneau, déclarant qu’ils s’engageaient pour la guérison des nations et non leur destruction.
—David W. Shenk est un mondialiste. Son témoignage fidèle au Christ dans notre monde pluraliste l’a conduit dans plus de cent pays et régions. David est auteur, missionnaire, enseignant, prédicateur. Avec sa femme Grace, il s’est engagé particulièrement pour la paix avec les musulmans. Il est né en Afrique de l’Est et est membre de la paroisse mennonite de Mountville (États-Unis).
Il a pris la parole lors de Renouveau 2027, ‘Le Saint-Esprit nous transforme’ à Kisumu (Kenya), le 21 avril 2018. Cet article a été adapté à partir de sa présentation.
Cet article est paru pour la première fois dans le numéro d’octobre 2018 de Courier/Correo/Courrier.
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